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Interview avec Bedel Major: « Les amoureux du zouglou sont servis » 1

Interview avec Bedel Major (Artiste-chanteur, auteur, compositeur et percussionniste)

 

« Les amoureux du zouglou sont servis »

 

Très connu dans la sphère de la musique zouglou,  Kuyo Jean-Bedel de son nom à l’état civil alias Bedel Major a fait les beaux jours du groupe « Poussins chocs », avant de s’envoler pour la France. Discret, mais grand bosseur, il est l’un des acteurs majeurs qui œuvrent pour la promotion et la valorisation de la musique zouglou sous les pieds de la Tour Eiffel.  Absent du marché discographique depuis plus d’une année, l’artiste a signé son retour sur le marché. Entretien avec l’un des meilleurs artistes de sa génération.

 

Salut, comment va Bedel Major?

 

Bonjour, Dieu fait grâce,  je vais très bien

 

Tu as pratiquement disparu de la scène musicale ivoirienne. Y-a-t-il une raison ?

 

(Rire) Non, je n’ai pas pratiquement disparu de la scène musicale ivoirienne. La musique est ma passion et je ne peux pas me tenir loin d’elle. En Côte d’Ivoire, on ne me voir pas sur la scène musicale par ce que je vis à l’étranger. Les choses ne sont pas faciles, car le fait de vivre à l’étranger à ses réalités. Mais grâce à Dieu, on n’arrive à faire face aux obstacles.

 

On t- a connu avec le groupe Poussins Chocs, une formation qui se vendait bien. En quittant le groupe pour l’Europe, franchement, imaginais-tu une vie meilleure ?

 

Pas spécialement. Avec Poussins Chocs, nous étions heureux. Avant notre départ pour l’Europe, il n’était pas prévu que je reste sur ce continent. Mais, vu certaines réalités que je préfère taire, je décidé de rester en France.

 

Qu’est-ce que ce pays t-a apporté après toutes ces années ?

 

Les voyages pour l’aventure sont pleins d’enseignements. Alors, je dirai que la France m’a apporté pleines de choses positives, comme négatives. Ces choses existent d’ailleurs comme dans tous les pays

 

Pour revenir sur le groupe Poussins Chocs, quels sont les trois grands moments que tu as vécus avec ce groupe. Cite les dans l’ordre ?

 

Que d’excellents moments passés, avec mes frères. Mais comme je dois en choisir trois. Le premier grand moment, est le fait qu’on est réussi à se battre tous ensemble pour sortir de la galère et réaliser notre rêve.

Le second  grand moment, est le fait d’avoir réussi à s’imposer dans le milieu. Cela en faisant une musique sérieuse et reconnue. Notre sérieux nous a offert la possibilité d’aller nous produire partout dans le monde

Le troisième grand moment, est le fait d’avoir fait la musique avec mes frères que sont Yodé, Siro et Feu Fifi. Une vraie famille. Leurs différentes personnalités ont contribué à rendre notre musique meilleure.

 

Quelles sont aujourd’hui tes relations avec Yodé et Siro ?

 

Les relations entre Yodé, Siro et moi sont supers bonnes. Nous sommes des  frères. Nous sommes toujours restés en contact. Nous ne pouvons rester plusieurs jours sans avoirs de nos nouvelles. Nous sommes amis sur les réseaux sociaux, et sommes au parfum de nos différentes activités. Notre amitié est divine. C’est l’une des plus belles choses de ma vie.

 

On-t-a récemment aux côtés de Yodé et Siro lors du concert marquant leurs 20 ans de carrière. Comment as-tu vécu ce moment ?

 

C’était génial, fabuleux. Tellement fort que j’ai du mal à le décrire. Tout était super, tout le monde à mes petits soins. Cela a été un moment inoubliable. C’est ça aussi la fraternité.

 

 

Apparemment, tu n’as jamais été loin de la musique. Quelles sont tes activités en Europe ?

 

C’est vrai, en France je suis toujours dans la musique. Je participe aux soirées privées organisées par des agences événementielles ou par des structures de l’Etat.  J’ai aussi monté un groupe de musique zouglou. Ce groupe fait du  live et est baptisé « les Riddjy’star ». De temps en temps, je suis sollicité par des amis artistes et des grands frères tels que Meiwey, Gadji Céli et autres pour des spectacles ou des enregistrements en studio.

 

Quel bilan fais-tu de toutes ces années que tu as passé en Europe ?

 

Je dirai un bilan mitigé.  50/50 Côté positif. J’ai appris à voir et à faire les choses différemment. Cela tout en gardant ma culture. Mais en apprenant sur la culture des autres. Pour ce qui est du côté négatif.  Je dirai que le fait d’être  resté longtemps loin de mon pays ne m’a pas aidé. Mais vous savez, on sait quand on va, mais on ne sait pas quand on vient. J’ai dû tout recommencer, reprendre ma vie à zéro, tout reconstruire.  Toutes ces choses, m’ont permis de vivre une belle expérience de la vie, de connaître et de voir des choses que d’autres personnes ne verront peut-être jamais de toute leur vie.

 

Cette année a été marquée par ton retour sur le marché discographique avec la sortie d’un album. Parle-nous de ton œuvre ?

 

Cette année, j’ai fait mon retour dans le marché du disque avec un album. Mon œuvre traite d’espoir. Vous avez les temps sont devenus tellement difficiles. Il y a la misère partout, le monde est devenu dangereux. Il y a trop de souffrances. Chaque jour, on doit doubler d’effort pour vivre. Rien n’est sûr, ni le mariage, ni le travail, ni la santé. On voit chaque jour des décès, des mauvaises nouvelles. C’est pour toutes ces raisons que j’ai baptisé mon album  « Espérance « . Nous avons besoin d’écouter des choses qui nous font sourire. Des choses qui nous permettent de réfléchir, de nous recentrer sur les plaisirs simples de la vie comme la musique, qui nous apporte joie et soleil.

 

Quels sont les différents thèmes traités dans cet album ?

 

Mon album parle d’amour pour le titre « Premier jour », des personnes qui se mêlent de la vie des autres ou « Nkou Nkou » dans le titre « Ma vie « . « Ta victoire « , est une chanson qui dit que nous sommes auteur et acteur dans le film de notre vie. C’est un encouragement à nous relever et à nous battre chaque jour contre les difficultés. Le titre « Hommage  » est une chanson pour tous les gens que l’on aime et qui malheureusement nous ont quittés. Ces personnes qui nous manquent beaucoup. Dans la chanson « Aziza « , je raconte un peu l’histoire du Zouglou. De sa naissance au Woyo. J’évoque mes racines musicales et mon appartenance à cette musique.

 

A quel moment décides-tu de faire ton retour sur la scène musicale?

 

J’ai décidé de revenir sur la scène musicale, lorsque j’ai fait la rencontre de la structure Bosso Production. Sa renommée internationale, son sérieux, son travail bien fait, sont autant de qualités qui m’ont incité à signer un contrat avec  elle. Cela avec un retour sur la scène musicale.

 

Quel genre musical as-tu choisi pour ton retour ?

 

(Rire), je suis zouglou et cela ne peut pas changer. Alors, pour mon retour, j’ai choisi un style Zouglou. Mais un zouglou qui laisse la possibilité de s’ouvrir à tous les styles de musique qui correspondent à mon ouverture d’esprit.

 

Yodé et Siro ont-ils participé à l’enregistrement de cet album ?

 

Non, malheureusement mes frères n’ont pas  participé à l’enregistrement de mon album. Cela s’explique par leur emploi du temps chargé. Cependant, ils étaient au courant de toutes mes initiatives. Nous avons beaucoup communiqué lors de l’enregistrement de cet album.

 

As-tu eu peur de revenir avec tous ces groupes zouglou qui font fort sur le marché?

 

(Eclate de rire) Non pas du tout. Au contraire cela m’a permis de m’améliorer et  de montrer mon style. Les amoureux du zouglou sont servis. Dans tous les cas, c’est la musique ivoirienne.

 

Que penses-tu de la musique zouglou, 27 après sa création ?

 

La musique zouglou a beaucoup évolué ces dernières années. Elle doit encore évoluer avec le travail de tous les artistes zouglou. Je dis merci à tous ceux qui ont contribué à cette évolution. Merci aussi à ceux qui continuent de la valoriser et de la promouvoir.

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