Deuil/ Cinéma africain: Idrissa Ouédraogo met fin à l’action
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Idrissa Ouédraogo, réalisateur et producteur burkinabè est décédé dimanche dernier à Ouagadougou à l’âge de 64 ans.

 

La triste nouvelle a été donnée par l’Union nationale des cinéastes du Burkina. Il est mort des suites de maladie dans une clinique de Ouagadougou.  » Le Burkina Faso vient de perdre un réalisateur à l’immense talent », qui « aura beaucoup œuvré au rayonnement du cinéma burkinabè et africain hors de nos frontières », a indiqué le président du Burkina Faso Roch Marc Christian Kaboré. Le cinéaste a porté haut le cinéma africain des années 1980-2000.

Le réalisateur burkinabè a également marqué toute une génération de cinéastes. Non seulement par l’ampleur quantitative de son œuvre, mais surtout par leur qualité, leur écriture cinématographique très poussée, et sa reconnaissance internationale. De Cannes à Venise en passant par Berlin et Ouagadougou, avec une cinquantaine de distinctions obtenues dans tous les grands festivals, Idrissa a contribué à la reconnaissance du cinéma burkinabè, et plus largement de toute la sous-région, durant deux décennies.
Il fondera, dès le début de son activité, une société de production, les films de l’Avenir, qu’il transformera une décennie plus tard en Les films de la plaine afin notamment de produire quelques-uns de ses longs-métrages de fiction. Mais au-delà de la production de films, les siens ou ceux des autres, c’est toujours le désir de raconter des histoires africaines qui l’anime, pour nourrir cet art venu d’ailleurs dont il rappelle avec fougue l’exigence du respect de sa grammaire.

Auteur d’une quarantaine de films, Idrissa Ouédraogo a été récompensé dans les plus grands festivals, obtenant le Grand Prix du Jury à Cannes pour « Tilaï » en 1990. Idrissa Ouédraogo avait débuté sa carrière cinématographique en 1981 avec une fiction intitulée « Poko » qui avait obtenu, la même année, le prix du meilleur court-métrage au Festival panafricain du cinéma et de la télévision d’Ouagadougou (Fespaco). Après avoir complété sa formation à l’Institut des hautes études cinématographiques (Idhec) de Paris et à la Sorbonne, il réalise en 1986 son premier long métrage « Yam daabo » (Le choix), suivi deux ans plus tard de « Yaaba » (Grand-mère).7

En 1990, il sort « Tilaï », transposition d’une tragédie grecque dans l’Afrique contemporaine, qui triomphe au festival de Cannes et au Fespaco, qui le récompense de l’Étalon de Yennenga. Il présidera le jury du fespaco en 2003. Idrissa Ouédraogo s’est aussi essayé au théâtre. En 1991, il avait mis en scène « La Tragédie du roi Christophe » d’Aimé Césaire à la prestigieuse Comédie-Française à Paris.

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