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ATHLÉTISME/ CHAMPIONNE DU MONDE SUR 60M: Murielle Ahouré fait des révélations «J’ai souffert d’une dépression» 1

La consécration mondiale de l’Ivoirienne Murielle Ahouré sur 60m aux 17èmes championnats du monde en salle d’athlétisme, vendredi 02 mars à Birmingham, en Grande-Bretagne, lui redonne la joie de vivre. Plus que jamais prête à relever les prochains défis sur la piste, la championne d’Afrique du 100m (2016) a vécu des moments difficiles ces deux dernières années. Au point où elle a failli tout arrêter.

L’ancienne médaillée d’argent du 100m et 200m des championnats du monde 2013 a fait une dépression après le décès de son père, le général Mathias Doué, en 2017. Dans une interview accordée à Rfi, après sa victoire historique, l’icône de l’athlétisme ivoirien révèle qu’elle a beaucoup souffert. «Les fans, ma famille, tout le monde autour de moi, la Côte d’Ivoire…

ils souffraient avec moi pendant les deux dernières années avec la maladie de mon père (feu le général Mathias Doué, ndlr). Et quand il est décédé, avec la dépression et tout ça… j’ai vécu une année noire, une saison noire. Je ne voulais pas aller à l’entraînement», explique-t-elle. Et de préciser: «Il était la personne la plus proche de moi. Mon père, c’était mon meilleur ami. Et quand je l’ai perdu comme ça, c’était un choc. Parce que je lui parlais tous les jours.

Je l’appelle. Il m’appelle le matin, il m’envoie toujours des messages. Des fois même, j’oublie qu’il n’est plus là. Je me lève et je l’appelle. C’est ma mère qui a son téléphone maintenant. C’esttoujours comme un réflexe… quand j’appelle. Donc c’est toujours dur, ça fait presqu’un an maintenant. Mais je suis dans un état d’esprit totalement différent. Ça va». Revenant sur sa course et ce succès tant espéré, Murielle explique qu’elle en avait assez d’être «toujours deuxième, toujours deuxième». Pour la première fois de sa carrière, à 30 ans, gagner la médaille d’or, elle est «trop contente».
Surtout avec à la clé la meilleure performance mondiale. Depuis 1999, personne n’a couru aussi vite sur 60m au niveau du sprint féminin. «Je savais que j’allais faire 6 (6 secondes: ndlr). Je fais ça à l’entraînement. Tous les jours, deux fois par semaine. Mon entraîneur m’a dit Murielle, si tu vas à ce championnat, le truc le plus important, c’est de rester dans ta ligne, occupe-toi de toi-même, fais la course… Exécute, sors des blocks, travaille bien ta transition et ton finish.

C’est tout», explique-t-elle les consignes qu’elle a reçues de ses entraîneurs Allen Powel et Carmelita Jeter qui l’ont beaucoup aidée pendant ses heures sombres. Avec cette victoire aux championnats du monde en salle où elle a devancé la Néerlandaise Dafné Schippers, championne du monde du 200m (22 »05), et la Jamaïcaine Elaine Thompson, championne olympique (100 en 10 » 71 et 200 en 21 »78), de grandes sprinteuses, Murielle pense avoir pris un ascendant qui peut la propulser lors des prochains meetings et les compétitions en plein air.
«Je sais que tout le monde était prêt. Mais moi, j’étais plus prête», souligne la championne ivoirienne. Murielle trouve «super» le doublé réalisé en finale du 60m avec sa cadette Marie Josée Ta Lou. «Ta Lou est comme une petite sœur pour moi, et je suis très contente qu’elle ait accompli ça aussi. Et c’est la Côte d’Ivoire qui gagne», a-t-elle confié. «C’était émouvant pour moi, parce que j’ai pensé aux deux dernières années que je viens de vivre et tout ça.

Les hauts et les bas. Et j’étais tellement fière d’entendre mon hymne national résonner dans le Stade Arena Birmingham. C’était super, spécial», a ajouté la médaillée d’argent des Mondiaux en salle 2012 d’Istanbul (Turquie).

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